le corps obsolète?

Publié le par l'homnivore singulière

! les photos et vidéos postées dans cet article ne conviennent pas aux mineurs et aux âmes trop sensibles !

 

Samedi soir, après la performance à tattoo station, , une citation de Stelarc, artiste australien spécialisé dans les 'suspension events', m'est revenu à l'esprit : "il est temps de se demander si un corps bipède (...) est une forme biologique adéquate". Quarante ans plus tard, à Lyon, la soirée commence bien : accueil sympa, musique, vin rouge and chips, une expo de photos et une installation faite de cordes, poulies et galets en contrepoids. Pas vraiment avertie du type de performance, j'ai très vite compris que mon aversion aux aiguilles serait testée. Quatre hommes et une femme arrivent, torse-nus,  sur l'aire d'action improvisée munis de plateaux et gants chirurgicaux, musique assez forte, lumière à la bougie. Le ton est donné, ils vont s'insérer de nombreuses aiguilles dans la peau et se crocheter aux câbles... Et c'est à nous, "public" de choisir les cailloux par leur taille, leur poids, et de lester ces mêmes câbles, provoquant la tension immédiate de leur peau. Plus tard, le retrait de ces aiguilles les fera saigner, sang dont ils enduiront ces galets. Dégoûtant? Oui, il s'agit clairement de jouer sur cette idée d'attraction-répulsion, de faire de nous des collaborateurs autant que des voyeurs. sensation inévitable d'empathie du spectateur, plaisir à regarder la douleur. Plaisir érotique aussi en filigrane, on pense au bondage japonais ou à certains jeux sm, la beauté de la chair. Mais nous sommes dans un salon de tatouage et la plupart des personnes présentes ont l'expérience de cette douleur à des fins esthétiques. Je doit dire que je suis sortie mi-figue mi-raisin de cette performance. J'ai été touchée par l'implication de certains des perfomeurs : quand on porte un tatouage religieux sur le torse, transformer Marie la sainte en mater dolorosa par le sang fait surgir un autre imaginaire, celui du rite, de la transe. Mais on est là encore bien loin des Gina Pane, Michel Journiac, du Wiener Grup ou de Stelarc et de sa négation du corps. Ici, il m'a semblé que le corps, ses limites, ses fluides, son esthétique, était l'unique enjeu. Dommage.

 

 

 

stelarc suspension 'suspension event' de Stelarc, années 76-80. photographe inconnu

 

      tattoo-station 5729©l'homnivore singulière

 

 

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Publié dans spectacle vivant

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math 22/04/2010 21:47


Du coté de Saint Romain au mont d'or, Thierry Ehrmann fait des perf borderline aussi un peu...dérangeantes. Mais au sein de sa démarche c'est vraiment amené et défendu avec passion...

(eh bien bonne soirée !)


l'homnivore singulière 23/04/2010 12:38



AH! Thierry Ehrmann... pff vaste sujet que celui-ci... 



LE TADORNE 19/04/2010 11:29


Je crois que je n'aurais pas pu...je suis définitivement trop sensible!


l'homnivore singulière 19/04/2010 19:49



possible.. en tous les cas, c'était un joli moment de partage à défaut d'une performance réussie